Sextos sans risques

Sextos sans risques

BoyEn tant que mère d’un jeune enfant, je sympathise avec les parents qui essaient de naviguer dans le monde en assumant le rôle le plus difficile et ce, en terrain parfaitement inconnu : être parent dans un monde où la technologie n’arrête jamais de se développer.

(*Frisson*)

Quelqu’un peut-il me dire comment je suis sensée enseigner, appuyer et guider mon enfant pendant qu’il grandit avec quelque chose que, la plupart du temps, je ne comprends pas moi-même et qui honnêtement, n’existait pas à l’époque où j’ai grandi ? Pas facile.

Je vais peut-être trahir mon âge, mais quand j’étais adolescente, les salles de clavardage étaient déjà très à la mode. Je me souviens que les personnes possédant un ordinateur et internet, semblaient recevoir des amis chez elles le vendredi soir pour aller dans différentes salles de clavardage…C’était amusant et excitant. On parlait à d’autres ados à travers le monde (du moins c’est ce qu’on croyait).  Parfois on prétendait être quelqu’un de différent… plus vieux.  Parfois c’était hilarant, d’autres fois c’était inconfortable et je me sentais totalement dépassée.

Je ne veux pas que mon fils se sente seul et livré à lui-même dans le vaste territoire des nouvelles technologies, lorsqu’il remarquera des changements au niveau de son corps et de ses émotions. Aucun parent parmi nous ne le souhaite.

Au lieu d’enfouir la tête sous le sable comme je serais tentée de le faire, je dois me projeter dans quelques années pour penser à la façon dont j’aimerais que mon fils prenne connaissance de choses telles que les sextos…De la part d’une mère qui n’a pas eu de téléphone cellulaire avant ses 25 ans.

Alors je me suis rappelée que je devais plutôt avoir une vision d’ensemble  des choses importantes qu’un adolescent doit savoir avant, pendant et après avoir envoyé des sextos (et par rapport au sexe en générale). Les choses auxquelles ils pourraient avoir ou ne pas avoir pensé…

Consentement : « Alors mon fils, comme pour le sexe, les deux partenaires doivent être d’accord…Je veux dire, vraiment d’accord.  Personne ne doit se sentir inconfortable ou forcé. Personne ne doit se sentir obligé. Les deux personnes concernées doivent avoir les idées claires et vraiment vouloir s’envoyer des sextos. »

Confiance : « Peu importe les messages intimes qu’une personne partage avec toi, ils ne sont que pour tes yeux à toi … Ils ne sont pas là pour que tu les montres à tous tes amis à l’heure du lunch. Ou pour avoir l’approbation, ni même une claque dans le dos de la part de Pat, Caro ou J.-F. Toi et seulement toi. Ces messages ne doivent jamais être conservés dans le but d’en faire des munitions, jamais, jamais (à l’infini), ni pour faire du chantage, ou intimider.

« Si quelqu’un partage son corps d’une façon ou d’une autre avec toi, ce devrait être fait avec un soin précieux. Demande-toi si cette personne est quelqu’un en qui  tu as confiance avant de lui envoyer quoi que ce soit. Ces personnes agissent de manière à ce qu’on les considère dignes de confiance ? Si la relation prend fin… Les messages textes à caractère sexuel aussi doivent prendre fin. Et si ces personnes demandent qu’on supprime les messages avant la fin de la relation, il s’agit d’une demande non négociable, que l’on doit respecter. »

Sécurité : « Fais attention. Même s’il n’y a rien de mal avec les sextos, il existe des aspects légaux importants à connaître.

« Ce n’est pas bien d’emmagasiner ou de distribuer des photos, des films ou des messages textes à connotation sexuelle d’une personne âgée de moins de 18 ans, COMPRIS? Ce doit être fait avec un consentement mutuel et non pour exploiter ou intimider quelqu’un. Comment te sentirais-tu si tu avais envoyé ou reçu un sexto et qu’ensuite tu avais perdu ton téléphone? Comment te sentirais-tu si une autre personne avait vu ta photo par accident ? »

« Rappelle-toi, les images partagées sur internet peuvent être difficiles à éliminer et peuvent rester sur le web pendant très longtemps. Alors avant de faire quoi que ce soit, arrête-toi…Fais une pause. Ne fais pas une chose avec laquelle tu te sens mal à l’aise dès le départ…et si tu as des questions, tu peux toujours m’en parler…si tu ne te sens pas prêt à le faire, je comprends…Parles-en à un autre adulte de confiance ou à un intervenant de Jeunesse, J’écoute par exemple. »

Empressement : « Demande-toi bien si tu te sens prêt, et s’il s’agit d’une chose que tu veux vraiment faire. Dans un cas comme dans l’autre, les deux choix sont parfaitement acceptables. »

« Envoyer des sextos peut sembler une bonne idée dans le moment présent, mais pense un peu au futur. Vas-tu continuer de te sentir bien après l’envoi d’un message d’ici une semaine ? Un mois ? Six mois ? Je sais que c’est difficile à imaginer…mais y penser même juste un peu, peut parfois aider. »

Pour être honnête, je ne sais pas comment cette conversation ira d’ici quelques années. J’ignore aussi quelle sorte de nouvelles technologies inconnues existeront à ce moment-là, ni ce que je devrai expliquer à mon fils. Ouf!

Traitez-moi de folle, mais je pense que nous assumons le rôle de parent à une époque parfois difficile, mais aussi très excitante et stimulante – une époque où les thèmes du corps, des émotions et de la sexualité sont de plus en plus acceptés et discutés.

Parler de rapports sexuels protégés n’est aujourd’hui plus une discussion que l’on redoute et qui consiste en des explications gênantes à propos des parties du corps et des maladies qu’elles impliquent. Maintenant, en tant que parents et accompagnateurs, nous avons cette incroyable opportunité de parler de certaines choses avec enthousiasme, comme le consentement,  l’utilisation sécuritaire de la technologie et le respect.

Si c’était à cela qu’avait ressemblé la « Discussion » à mon époque, j’aurais attendu l’évènement avec impatience et l’aurait probablement trouvée beaucoup plus utile.

Il n’y a aucune façon de savoir ce que le futur nous réserve, que ce soit pour les sextos, ou pour savoir où mon enfant aura sa place; grandir, accumuler des expériences de vies remplies de défis dans un monde où les yeux du public sont presque toujours rivés sur nous est plus imprévisible que jamais.

Mais ce qu’il y a de réconfortant c’est que quand je suis incertaine d’une réponse, ou que j’ai l’impression de ne pas avoir les bonnes explications, un organisme comme Jeunesse, J’écoute sera là pour mon fils et pourra l’aider à naviguer pendant cette période de sa vie.

Cordialement, Lindsay

Source: Jeunesse j’écoute http://org.jeunessejecoute.ca/pratiques-sextos-sans-risques-par-lintervenante-lindsay/

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